La fiche BAR-TH-171, expliquée comme on l’expliquerait à un voisin
C’est le texte qui encadre l’installation d’une pompe à chaleur air/eau dans un logement existant et qui détermine si votre projet ouvre droit à une prime. Voici ce qu’il exige vraiment — et ce que nous vérifions à votre place, ligne par ligne.
Deux évolutions récentes, dont une toute fraîche
Les règles ont bougé deux fois en 2026. La seconde est entrée en vigueur il y a quelques semaines et change concrètement le choix du matériel.
Le calcul a été simplifié
La fiche est passée en version A78.4. Le montant ne dépend plus de la distinction chauffage seul / chauffage + eau chaude : il se calcule à partir de l’ETAS de la machine, de la surface chauffée et de la zone climatique.
Le modèle de PAC doit être agréé
Pour toute opération engagée depuis cette date, la bonification « Coup de pouce Chauffage » n’est accessible que si le modèle installé figure sur la liste des pompes à chaleur agréées. Le numéro d’agrément doit apparaître sur la facture et sur l’attestation sur l’honneur.
Ce qu’on fait pour vous — Nous vérifions que le modèle proposé par l’installateur est bien sur la liste avant que vous ne signiez quoi que ce soit. Un modèle hors liste garde le forfait de base, mais vous perdez la bonification — et ça, ça se voit sur le reste à charge.
Ce que la fiche couvre
L’installation d’une pompe à chaleur air/eau assurant le chauffage, ou le chauffage et l’eau chaude sanitaire, dans un bâtiment résidentiel existant, achevé depuis plus de deux ans.
En sont exclues les pompes à chaleur hybrides et les équipements dédiés uniquement à l’eau chaude sanitaire. Les pompes à chaleur air/air relèvent d’une autre fiche : si un commercial vous parle de « clim réversible » en promettant cette prime-là, méfiez-vous.
Qui a le droit de poser
L’installateur doit être titulaire d’une qualification RGE au sens du décret n° 2014-812. Pour une machine qui ne fait que le chauffage, c’est la catégorie 5° ; si elle assure aussi l’eau chaude sanitaire, il faut les catégories 5° et 6°.
Ce qu’on fait pour vous — nous vérifions la qualification de l’entreprise et sa validité à la date des travaux. Une qualification expirée entre la signature et le chantier fait tomber le dossier.
Trois exigences, toutes obligatoires
Elles sont cumulatives : il suffit qu’une seule manque pour que la prime tombe, souvent après les travaux.
La performance de la machine
L’efficacité énergétique saisonnière (ETAS) doit atteindre au moins 126 % en basse température, ou au moins 111 % en moyenne et haute température. Le plancher chauffant relève de la basse température, les radiateurs de la moyenne ou haute température.
Ce qu’on fait pour vous — Nous lisons la fiche produit du modèle proposé et nous vérifions l’ETAS annoncé, dans la bonne catégorie de température — celle de vos émetteurs, pas celle qui arrange le devis.
Le régulateur
La pompe à chaleur doit être équipée d’un régulateur relevant des classes IV à VIII au sens de la communication européenne 2014/C 207/02.
Ce qu’on fait pour vous — Nous contrôlons que le régulateur est bien installé, qu’il relève d’une de ces classes, et que sa classe est écrite sur la facture. C’est un motif de refus fréquent.
La note de dimensionnement
Le professionnel doit calculer les déperditions du logement à la température de base et rédiger une note de dimensionnement, remise au bénéficiaire à l’engagement de l’opération. La machine installée doit être conforme à cette note.
Ce qu’on fait pour vous — Nous exigeons cette note avant la signature et nous la relisons avec vous. Une pompe à chaleur surdimensionnée consomme plus et s’use plus vite : c’est le point où l’on protège votre facture des dix prochaines années, pas seulement votre dossier.
Ce qui fait varier le montant
La prime ne se calcule pas en euros dans le texte, mais en kWh cumac — une unité d’économies d’énergie que votre dossier convertit ensuite en euros, à un prix qui dépend de l’organisme qui la finance. C’est pour ça que personne ne peut vous annoncer un montant fiable au téléphone.
La performance
Deux paliers : de 111 % à moins de 140 % d’ETAS, et 140 % ou plus. Le second donne un forfait plus élevé.
Maison : 90 900 ou 109 200 kWh cumac
Appartement : 48 700 ou 58 900
La surface chauffée
Un coefficient s’applique selon la surface desservie par le chauffage : 0,5 pour les petites surfaces, 0,7 pour les moyennes, et 1 à partir de 90 m².
La zone climatique
H1 (nord et est) : coefficient 1,2. H2 (ouest et centre) : 1. H3 (pourtour méditerranéen) : 0,7.
Ce qu’on fait pour vous — nous calculons votre volume de kWh cumac à partir de ces trois paramètres, puis nous comparons ce que proposent les financeurs avant de monter le dossier. Vous voyez le montant réel une fois, au moment où il est vérifiable, et il est déduit de votre devis.
Ce qui doit figurer sur votre facture
C’est la pièce maîtresse du dossier. Une mention manquante, et la prime est refusée alors que les travaux sont faits et payés. Nous relisons la facture avant que vous ne la régliez.
Tester mon éligibilitéCe que la fiche ne permet pas
L’opération n’est pas cumulable, sur le même logement, avec plusieurs autres fiches d’eau chaude solaire ou thermodynamique (BAR-TH-101, 124, 143, 148 et 168). Sa durée de vie conventionnelle est de dix-sept ans : c’est l’horizon sur lequel le dispositif calcule vos économies.
Et si ce n’est pas le bon geste ?
Une pompe à chaleur dans une maison mal isolée chauffe mal et coûte cher. Quand c’est le cas, nous le disons et nous regardons d’abord l’isolation ou la régulation. Un dossier refusé ou un client mécontent nous coûte plus cher qu’une vente manquée.
Sources : fiche d’opération standardisée BAR-TH-171 version A78.4, applicable depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, et arrêté du 15 décembre 2025 modifiant les fiches BAR-TH-171 et BAR-TH-172. Page à jour au 18 septembre 2026. Ces informations sont données à titre indicatif : seule l’étude de votre logement permet de conclure sur votre situation.